Progrès et perfectibilité

BookProgrès et perfectibilité

Progrès et perfectibilité

un dilemme des Lumières françaises (1755-1814)

Oxford University Studies in the Enlightenment, 2006:04

2006

April 12th, 2006

Access Token
£60.00
READ THIS EBOOK

Details

Other Formats

Price

Description

En 1755, Rousseau impose le néologisme ‘perfectibilité’ dans le champ du discours philosophique. Prérogative de l’homme, en tant qu’il est capable de changement et de choix dans l’orientation de ce changement, ‘cette faculté distinctive et presque illimitée’, s’inscrit d’emblée dans le paradoxe d’un dévoiement du progrès possible: ne serait-elle pas aussi ‘la source de tous les malheurs de l’homme’? Même si les Lumières et leurs héritiers ont le plus souvent tâché d’atténuer, voire d’occulter la force de l’hypothèque rousseauiste, la figure de l’homme perfectible s’est toujours trouvée prise dans une hésitation fondamentale entre le désir d’exaltation d’une promesse historique de progrès et le sentiment souvent aigu de la fragilité de cette promesse.
La période révolutionnaire, si elle constitue un tournant capital, en ce qu’elle inscrit la perfectibilité dans le discours neuf de l’émancipation juridique du sujet et en fait ainsi une mission pour le législateur, n’échappe pas au doute. De Rousseau au Groupe de Coppet, la fameuse ‘faculté de se perfectionner’ a en effet toujours été le point de fixation d’un dilemme théorique, sinon pratique, ouvrant sur une inquiétude historique quant à la toujours possible déliaison des formes diverses de progrès: idée simultanément euphorique et dysphorique, la perfectibilité, si on la considère à partir des débats dont elle n’a cessé de nourrir la pensée du temps, apparaît ainsi moins comme un préliminaire conceptuel au ‘progressisme’ du dix-neuvième siècle que comme une manière d’en interroger avant l’heure les limites éventuelles.

'Lotterie’s work sheds new light on the complex and conflicted relationship between the ideals of the French Enlightenment and the realities of the Revolutionary politics, and will evidently be of interest to both historians of ideas and scholars of French history.'
Modern Language Review

'[Ce volume] est la première histoire raisonnée de la perfectibilité proprement dite comme ‘idée’.'
Annales Benjamin Constant

https://global.oup.com/academic/product/9780729408769?cc=us

Table of Contents

Table of Contents
Section TitlePagePrice
Cover1
Half Title 2
Title Page4
Copyright Page5
Table des matières8
Remerciements10
Liste des abréviations12
Introduction16
i. Un mot et une idée: surgissement d’une ‘question de la perfectibilité’16
ii. L’approche historique26
I. Le temps des idées (1755-1789): de la nature à la culture34
1. Le paradoxe de la perfectibilité36
i. Le modèle empiriste et ses ambiguïtés: malaise dans la civilisation?36
ii. Condillac contre Buffon: une nouvelle ‘querelle des animaux’46
iii. Réévaluations rousseauistes50
2. L’enjeu politique du progrès: un débat au long cours59
i. L’homme au niveau de la brute? Le prétendu matérialisme de Rousseau59
ii. Désespérer du progrès? Haro sur le ‘misanthrope’61
iii. De la nature à la société : un ordre nécessaire, voire providentiel64
iv. Perfectibilité et règne de l’inégalité69
3. Les voies de l’é ducation75
i. La chasse aux préjugés: vers un nouveau magistère intellectuel75
ii. Perfectibilité ou malléabilité? Une pédagogie du contrôle81
iii. Un exemple significatif: le discours médical84
iv. Rousseau, encore une fois: la leçon d’Emile88
v. La spécificité des cultures: homme sauvage et homme civilisé90
II. Le temps de l’action (1789-1799)? Le gouvernement du progrès96
4. Perfectibilité et régénération: la mission pédagogique98
i. Un ‘esprit de 91’? La célébration de l’héritage des Lumières98
ii. Les signes et la raison: un idéal ‘encyclopédiste’103
iii. Instruction ou éducation? Modèle ‘libéral’ et modèle ‘démocratique’107
iv. Un bilan mitigé112
5. Nouveaux éloges historiques de la raison: Volney et Condorcet117
i. La synthèse ‘éclairée’ de l’histoire: une pédagogie de l’espérance118
ii. Mélancolie et énergie: Volney et l’ange de l’Histoire120
iii. Le pari de Condorcet125
6. Progrès et retour à l’ordre: la politique républicaine133
i. Qu’est-ce qu’un républicain? Réseaux et représentations133
ii. Sortir du règne des ‘passions’136
iii. Logique censitaire ou logique élitaire?141
iv. Indépendance et représentation politique: la question des femmes144
v. Perfectibilité des institutions et régime des ‘capacités’148
7. Vertiges de l’Histoire: l’homme sensible contre l’homme perfectible?153
i. L’hybris de la perfectibilité: contre l’individu souverain154
ii. Le ‘moi’ et le chaos159
iii. Le coeur et la raison163
III. Le temps des bilans (1800-1814): la mélancolie des Modernes168
8. Comment sortir de la Révolution? La ‘querelle de la perfectibilité’170
i. Redonner un sens pur au mot de la tribu philosophique170
ii. Lumières et Révolution. Pourquoi des écrivains en des temps de détresse?176
iii. Un opposant exemplaire: Chateaubriand contre Mme de Staël184
9. Le sujet perfectible: un ‘esprit de Coppet’191
i. Mouvement premier: contre l’héritage ‘sensualiste’ des Lumières192
ii. Constant ou la dignité supérieure de ‘l’idée’ contre les ‘sensations’193
iii. La raison ou le temps? D’un progrès désenchanté200
iv. Mme de Staël: l’ascèse du ‘perfectionnement’204
v. Progrès des facultés, esprit de résistance208
vi. Pour conclure: les Lumières avec la morale211
Conclusion214
Bibliographie des ouvrages cités226
Index232