Le Rêve laïque de Louis-Sébastien Mercier entre littérature et politique

BookLe Rêve laïque de Louis-Sébastien Mercier entre littérature et politique

Le Rêve laïque de Louis-Sébastien Mercier entre littérature et politique

Oxford University Studies in the Enlightenment, 326

1995

January 1st, 1995

£60.00

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L’apparition de l’homo laicus, après l’homo illuminatus, marque la dernière étape dans le processus critique auquel se soumit en Europe la civilisation judéo-chrétienne à partir de la Réforme. Le passage de la foi en la Raison à la critique de la raison pure a été l’extrême conquête, mais combien fragile, que l’âge des Lumières a légué à l’humanité.
De ce processus de laïcisation de la pensée, Louis-Sébastien Mercier doit être considéré à plein titre comme l’un des pionniers, et non seulement parce qu’il fut parmi les premiers à saluer le grand effort philosophique d’Immanuel Kant, qui venait de restituer à l’homme sa place au centre de l’univers. Avec son antidogmatisme esthétique, son rejet de l’Etat éthique et ses convictions antiprohibitionnistes (sur la presse, sur la création artistique, sur la langue, sur le loto, sur le luxe, sur la prostitution), Mercier offre autant de réponses législatives typiquement laïques: et pour le Royaume de France-République Française, et pour la République des Lettres.
Le parcours à travers les écrits de Mercier sur le théâtre et la littérature, le poète et le lecteur, l’écriture et la lecture, se révèle, donc, comme un voyage à la découverte d’une solide pensée laïque, qui déborde largement la dimension esthétique. Mais c’est dans la sphère esthétique que cette pensée est enracinée, qu’elle est éduquée, qu’elle est mise à l’épreuve, qu’elle apprend à résister aux dérapages intégristes. Les rêves palingénésiques de Sébastien Mercier, la passion et l’enthousiasme qui soutiennent son élan réformateur, s’exposent à tout moment aux dangers des raccourcis de l’intolérance et du fanatisme. La façon dont il les a esquivés et dénoncés fait l’originalité et le prix de la leçon de Mercier: la mesure comme fidélité à la révolte historique de l’homme, le devoir d’ingérence de l’homme de lettres dans les affaires de la Cité, là où la Justice est menacée, piétinée, la conscience que la fin ne justifie jamais les moyens.