Voyage et connaissance au tournant des Lumières (1780-1820)

BookVoyage et connaissance au tournant des Lumières (1780-1820)

Voyage et connaissance au tournant des Lumières (1780-1820)

Oxford University Studies in the Enlightenment, 334

1995

January 1st, 1995

£60.00

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Après les grandes circumnavigations de la seconde moitié du XVIIIe siècle, se développe un nouveau genre de voyages pour répondre plus profondément aux exigences de l’esprit encyclopédique, en l’occurrence répertorier les donnés géographiques et humaines des continents. Entre 1780 et 1820, les périples lointains effectués par quelques savants – qui appartiennent généralement à l’élite sociale et culturelle des nations ‘éclairées’ – rendent compte d’un intérêt croissant pour les lois physiques de l’univers mais peut-être encore davantage pour le fonctionnement des sociétés extra-européennes.
Tandis que Volney (1757-1820) réside dans les provinces turques du Levant puis aux Etats-Unis, le comte polonais Jean Potocki (1761-1815) parcourt les pays bordant la Méditerranée et une partie de l’Asie. Au nom de leur expérience du monde, ils s’engagent activement dans les combats décisifs qui secouent leurs patries respectives, œuvrant pour la diffusion des valeurs libérales sans cesser de poursuivre une carrière d’écrivain singulièrement originale. Le baron prussien Alexandre de Humblodt (1769-1859), en compagnie du naturaliste français Aimé Bonpland, explore les colonies espagnoles de l’Amérique équinoxiale en s’adonnant à des recherches pluridisciplinaires. L’Ecossais Mungo Park (1771-1806) pénètre à l’intérieur de l’Afrique en 1795, alors que vingt ans plus tard le poète allemand d’origine française Adelbert de Chamisso (1781-1838) participe en tant que botaniste à une expédition russe autour du monde.
La contribution de ces héritiers des Lumières aux champs cognitifs de l’époque dépasse amplement le cadre de la littérature traditionnelle de voyage grâce à des ouvrages d’une rigueur authentiquement scientifique ou à des récits d’une grande densité documentaire. Mais l’apport fondamental de cette génération – qui fut confrontée à de douloureux bouleversements socio-politiques – est enregistré dans l’étude de l’homme.
L’idéologie du progrès, nuancée par le respect d’une altérité au moins morale des autres peuples, fournit ainsi une nouvelle base épistémologique à plusieurs disciplines constituées (l’histoire par exemple) ou les prolégomènes des sciences de l’homme (ethnologie, sociologie, etc.). Dans le domaine de l’esthétique, les grands voyageurs – sans exception – influencent le goût de leurs contemporains par la qualité de leurs descriptions des terres étrangères et souvent par leur rayonnement dans le monde des lettres.