Francosphères

« Entendez-vous dans nos campagnes »

Écrivains blancs et France postcoloniale

Francosphères (2018), 7, (1), 15–28.

Abstract

La « République des lettres », à l’image de la société française, n’est pas aveugle à la race. Écrivain noir, écrivain francophone ou postcolonial, littérature beur: la catégorisation racialisée est une pratique éditoriale et académique courante. Pourtant, une autre construction discursive continue de traverser le champ littéraire sous couvert d’anonymat: l’écrivain blanc. Alors que la « question blanche » est de plus en plus prégnante dans une réflexion sur la France postcoloniale qui, sur le plan littéraire, se base aujourd’hui presque exclusivement sur la production romanesque d’auteurs dits francophones, il est nécessaire de non seulement théoriser la figure de l’écrivain blanc, mais aussi d’inclure sa perspective au débat. Cet article propose une étude de la représentation de la ruralité contemporaine mise en scène par Thierry Beinstingel dans le roman Faux nègres (2014). Il s’agira de mettre en évidence la façon dont le travail des écrivains blancs peut contribuer à l’affinement d’une pensée postcoloniale qui bénéficierait d’un élargissement de l’éventail des oeuvres prises en compte par la critique.

The ‘Republic of Letters’, like French society, is not blind to race. Black, francophone, and postcolonial writers, beur literature: racialized categorization is a common editorial and academic practice. However, another discursive construction continues to operate anonymously in the literary field: that of the white writer. As the concept of whiteness is becoming more prevalent in French postcolonial thought, it seems necessary not only to theorize the figure of the white writer, but also to include the white writer’s perspective in a discussion that, from a literary standpoint, remains primarily based on the study of novels published by authors commonly understood to be postcolonial. Therefore, through an analysis of the novel Faux nègres (2014) by Thierry Beinstingel, this article will reflect upon the representation of contemporary rural France and highlight how white writers’ works can contribute to refining postcolonial thought. In this way, it aims to broaden our understanding of the types of text that might be of interest to postcolonial studies critics.

« Entendez-vous dans nos campagnes »

Écrivains blancs et France postcoloniale

Abstract

La « République des lettres », à l’image de la société française, n’est pas aveugle à la race. Écrivain noir, écrivain francophone ou postcolonial, littérature beur: la catégorisation racialisée est une pratique éditoriale et académique courante. Pourtant, une autre construction discursive continue de traverser le champ littéraire sous couvert d’anonymat: l’écrivain blanc. Alors que la « question blanche » est de plus en plus prégnante dans une réflexion sur la France postcoloniale qui, sur le plan littéraire, se base aujourd’hui presque exclusivement sur la production romanesque d’auteurs dits francophones, il est nécessaire de non seulement théoriser la figure de l’écrivain blanc, mais aussi d’inclure sa perspective au débat. Cet article propose une étude de la représentation de la ruralité contemporaine mise en scène par Thierry Beinstingel dans le roman Faux nègres (2014). Il s’agira de mettre en évidence la façon dont le travail des écrivains blancs peut contribuer à l’affinement d’une pensée postcoloniale qui bénéficierait d’un élargissement de l’éventail des oeuvres prises en compte par la critique.

The ‘Republic of Letters’, like French society, is not blind to race. Black, francophone, and postcolonial writers, beur literature: racialized categorization is a common editorial and academic practice. However, another discursive construction continues to operate anonymously in the literary field: that of the white writer. As the concept of whiteness is becoming more prevalent in French postcolonial thought, it seems necessary not only to theorize the figure of the white writer, but also to include the white writer’s perspective in a discussion that, from a literary standpoint, remains primarily based on the study of novels published by authors commonly understood to be postcolonial. Therefore, through an analysis of the novel Faux nègres (2014) by Thierry Beinstingel, this article will reflect upon the representation of contemporary rural France and highlight how white writers’ works can contribute to refining postcolonial thought. In this way, it aims to broaden our understanding of the types of text that might be of interest to postcolonial studies critics.


Details

Author details

Achille, Étienne