Francosphères

The Impossible Archive of Beirut

Francosphères (2014), 3, (1), 99–113.

Abstract

Addressing how the postcolonial legacy of the French mandate has combined with post-civil war memory cultures, this article assesses contemporary Lebanese cultural production which has taken an archival turn. This archival turn is not, however, a return to a form of empirical epistemology; instead, the works in question, converge, contest, and make contingent mutable truth forms, be they narrative, performative, experiential, or judicial. The impossibility of archiving the many traces of trauma and destruction still evident in the urban fabric of Beirut leads artists to pursue parafictional dimensions where trust, plausibility, and deception are deliberately demanded in the reception of the works. Working at the interstitial boundary between the historical and the political, this archival turn is a counter to state-led amnesia in post-war Lebanon, which prioritises nostalgia for the heady days and nights when Beirut was the Paris of the Middle East, over processes of transitional justice in which truth and reconciliation might properly help to recognise the after-effects of fifteen years of internecine conflict.

En se concentrant sur la manière dont l'héritage postcolonial du mandat français s'est entremêlé aux cultures de mémoire de l'après-guerre civile au Liban, notre article porte sur la production culturelle libanaise qui s'est tournée vers l'archive. Ce tournant n'est pas un retour vers une sorte d'épistémologie empirique; en revanche, les œuvres examinées questionnent, unissent, contestent et construisent des revendications de vérité contingentes, qui adoptent différentes formes; elles peuvent être narratives, performatives, expérientielles ou juridiques. L'impossibilité d'archiver les nombreuses traces du trauma ou de la destruction toujours visibles dans le paysage urbain de Beyrouth amènent les artistes à explorer plus avant des dimensions ‘parafictionnelles’ où la fiabilité, la plausibilité et la tromperie sont délibérément exigées au moment de la réception de l'œuvre. En opérant à la frontière interstitielle entre l'historique et le politique, ce ‘retour aux archives’ s'oppose à l'amnésie étatique du Liban d'après-guerre, qui privilégie la nostalgie des jours et nuits de folie d'une époque où Beyrouth était le ‘Paris du Moyen-Orient’ plutôt que les processus de justice transitionnelle grâce auxquels vérité et réconciliation mettraient en lumière les répercussions d'un conflit fratricide qui a duré 15 ans.

The Impossible Archive of Beirut

Abstract

Addressing how the postcolonial legacy of the French mandate has combined with post-civil war memory cultures, this article assesses contemporary Lebanese cultural production which has taken an archival turn. This archival turn is not, however, a return to a form of empirical epistemology; instead, the works in question, converge, contest, and make contingent mutable truth forms, be they narrative, performative, experiential, or judicial. The impossibility of archiving the many traces of trauma and destruction still evident in the urban fabric of Beirut leads artists to pursue parafictional dimensions where trust, plausibility, and deception are deliberately demanded in the reception of the works. Working at the interstitial boundary between the historical and the political, this archival turn is a counter to state-led amnesia in post-war Lebanon, which prioritises nostalgia for the heady days and nights when Beirut was the Paris of the Middle East, over processes of transitional justice in which truth and reconciliation might properly help to recognise the after-effects of fifteen years of internecine conflict.

En se concentrant sur la manière dont l'héritage postcolonial du mandat français s'est entremêlé aux cultures de mémoire de l'après-guerre civile au Liban, notre article porte sur la production culturelle libanaise qui s'est tournée vers l'archive. Ce tournant n'est pas un retour vers une sorte d'épistémologie empirique; en revanche, les œuvres examinées questionnent, unissent, contestent et construisent des revendications de vérité contingentes, qui adoptent différentes formes; elles peuvent être narratives, performatives, expérientielles ou juridiques. L'impossibilité d'archiver les nombreuses traces du trauma ou de la destruction toujours visibles dans le paysage urbain de Beyrouth amènent les artistes à explorer plus avant des dimensions ‘parafictionnelles’ où la fiabilité, la plausibilité et la tromperie sont délibérément exigées au moment de la réception de l'œuvre. En opérant à la frontière interstitielle entre l'historique et le politique, ce ‘retour aux archives’ s'oppose à l'amnésie étatique du Liban d'après-guerre, qui privilégie la nostalgie des jours et nuits de folie d'une époque où Beyrouth était le ‘Paris du Moyen-Orient’ plutôt que les processus de justice transitionnelle grâce auxquels vérité et réconciliation mettraient en lumière les répercussions d'un conflit fratricide qui a duré 15 ans.


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Author details

Launchbury, Claire