Francosphères

The vocation of the indigènes

Cosmopolitanism and cultural nationalism in La Revue indigène

Francosphères (2015), 4, (1), 7–19.

Abstract

This article recasts the Revue indigène as an important manifestation of Haitian cultural nationalism that is often conflated with subsequent movements that co-opted the review’s heritage in order to legitimize their nationalist projects. As I argue, the cultural nationalism articulated in the Revue indigène itself remains something quite distinctive, the product of a specific moment in Haitian history in which global consciousness was not anathema to national allegiance and populist rhetoric was not yet the key to political power. The Revue indigène writers believed that only they – the young, worldly, new twentieth-century elite intellectuals – could liberate and transform Haitian national literature by opening it up to diverse and stimulating literatures from around the world – in a word, cosmopolitanism. My investigation focuses primarily on the contributions of Émile Roumer, the review’s director, who worked to conceptualize a Haitian cultural nationalism based on an early twentieth-century notion of cosmopolitan patriotism. I devote particular attention to Valery Larbaud, the French poet, critic, and translator, who took great interest in the Revue indigène poets, and whose notion of cosmopolitisme was central to the development of Roumer’s cultural nationalist ideas.

Cet article vise à repenser la Revue indigène comme une manifestation principale du nationalisme culturel haïtien qui s’est fait coopter par des mouvements nationalistes ultérieurs qui cherchaient à utiliser l’héritage de la revue pour légitimer leurs propres projets nationalistes. Comme cet article le montre, le nationalisme culturel de la Revue indigène reste distinctif: le produit d’un moment précis de l’histoire haïtienne où la conscience planétaire n’était pas incompatible avec l’allégeance nationale et où la rhétorique populiste n’était pas la seule voie au pouvoir politique. Les collaborateurs de la Revue indigène se croyaient eux seuls – jeunes citoyens du monde – les libérateurs de la littérature nationale haïtienne, ce qu’ils ont proposé de faire en l’ouvrant aux littératures du monde (en un mot, le cosmopolitisme). L’analyse met l’accent sur les contributions d’Émile Roumer, directeur de la revue, qui cherchait à concevoir un nationalisme culturel haïtien basé sur une notion de patriotisme politique propre au début du XXe siècle. Une attention particulière est portée à la figure de Valery Larbaud, poète, critique et traducteur français, qui a pris un grand intérêt dans les poètes de la Revue indigène, et dont la notion du cosmopolitisme était déterminante pour le développement des idées de Roumer dans la revue.

The vocation of the indigènes

Cosmopolitanism and cultural nationalism in La Revue indigène

Abstract

This article recasts the Revue indigène as an important manifestation of Haitian cultural nationalism that is often conflated with subsequent movements that co-opted the review’s heritage in order to legitimize their nationalist projects. As I argue, the cultural nationalism articulated in the Revue indigène itself remains something quite distinctive, the product of a specific moment in Haitian history in which global consciousness was not anathema to national allegiance and populist rhetoric was not yet the key to political power. The Revue indigène writers believed that only they – the young, worldly, new twentieth-century elite intellectuals – could liberate and transform Haitian national literature by opening it up to diverse and stimulating literatures from around the world – in a word, cosmopolitanism. My investigation focuses primarily on the contributions of Émile Roumer, the review’s director, who worked to conceptualize a Haitian cultural nationalism based on an early twentieth-century notion of cosmopolitan patriotism. I devote particular attention to Valery Larbaud, the French poet, critic, and translator, who took great interest in the Revue indigène poets, and whose notion of cosmopolitisme was central to the development of Roumer’s cultural nationalist ideas.

Cet article vise à repenser la Revue indigène comme une manifestation principale du nationalisme culturel haïtien qui s’est fait coopter par des mouvements nationalistes ultérieurs qui cherchaient à utiliser l’héritage de la revue pour légitimer leurs propres projets nationalistes. Comme cet article le montre, le nationalisme culturel de la Revue indigène reste distinctif: le produit d’un moment précis de l’histoire haïtienne où la conscience planétaire n’était pas incompatible avec l’allégeance nationale et où la rhétorique populiste n’était pas la seule voie au pouvoir politique. Les collaborateurs de la Revue indigène se croyaient eux seuls – jeunes citoyens du monde – les libérateurs de la littérature nationale haïtienne, ce qu’ils ont proposé de faire en l’ouvrant aux littératures du monde (en un mot, le cosmopolitisme). L’analyse met l’accent sur les contributions d’Émile Roumer, directeur de la revue, qui cherchait à concevoir un nationalisme culturel haïtien basé sur une notion de patriotisme politique propre au début du XXe siècle. Une attention particulière est portée à la figure de Valery Larbaud, poète, critique et traducteur français, qui a pris un grand intérêt dans les poètes de la Revue indigène, et dont la notion du cosmopolitisme était déterminante pour le développement des idées de Roumer dans la revue.


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Author details

Stieber, Chelsea