Francosphères

‘Mesdames, il faut lire!’

Material contexts and representational strategies in early francophone African women’s magazines

Francosphères (2016), 5, (2), 213–236.

Abstract

This article provides the first extended analysis of the earliest francophone African women’s magazine, AWA: la revue de la femme noire, founded in Dakar in 1964 by a network of African women. This material predates what is often seen as the ‘first generation’ of francophone African women writers, harnessing the tropes of glossy magazine culture to test out plural ideas of African femininity. Through this experimentation, and with reference to the practical and symbolic roles of women in post-independence West African nation states (especially Senegal), AWA casts new light on the contribution of women’s reading matter and ‘popular’ print cultures to the production of African modernity in the early post-colonial world. The magazine fuses the dominant gendered tropes of négritude with 1960s consumer culture, new career aspirations, and the everyday lived experience of women from a range of social backgrounds. By restoring this magazine to the global feminist archive, this article situates AWA: la revue de la femme noire as a long overlooked source for tracing the polemical debates concerning the (un)translatability of feminist thought between the global North and global South, post-independence nationalism, and representations of the female body in African and diasporic cultural production.

Cet article propose la première analyse approfondie d’AWA: la revue de la femme noire, un magazine fondé à Dakar en 1964 par un réseau de femmes africaines. Précédant la ‘première génération’ d’écrivaines africaines, cette revue a permis d’expérimenter différentes conceptions d’une féminité africaine, en investissant le modèle des magazines ‘glossy’ pour créer un espace de débat et de diffusion transnationale. Tout en se référant aux rôles pratiques et symboliques des femmes en Afrique de l’Ouest (et surtout au Sénégal) à la suite des Indépendances, AWA met en évidence l’importance de la lecture féminine et des métiers de l’écrit pour la production de la modernité africaine au début de la période ‘post-coloniale’. Ainsi, la revue mêle les images dominantes de la femme, issues du mouvement de la négritude, à une culture de consommation propre aux années 1960, à de nouvelles filières professionnelles, et à l’expérience vécue quotidienne de femmes issues de différents milieux sociaux. Cet article situe AWA: la revue de la femme noire comme une source longtemps négligée au sein des archives féministes mondiales. Elle nous permet de tracer les débats polémiques à propos du caractère (in)traduisible de la pensée féministe entre le Nord et le Sud, du nationalisme qui suit les Indépendances, et de la représentation du corps féminin dans les productions culturelles en Afrique et dans la diaspora (africaine).

‘Mesdames, il faut lire!’

Material contexts and representational strategies in early francophone African women’s magazines

Abstract

This article provides the first extended analysis of the earliest francophone African women’s magazine, AWA: la revue de la femme noire, founded in Dakar in 1964 by a network of African women. This material predates what is often seen as the ‘first generation’ of francophone African women writers, harnessing the tropes of glossy magazine culture to test out plural ideas of African femininity. Through this experimentation, and with reference to the practical and symbolic roles of women in post-independence West African nation states (especially Senegal), AWA casts new light on the contribution of women’s reading matter and ‘popular’ print cultures to the production of African modernity in the early post-colonial world. The magazine fuses the dominant gendered tropes of négritude with 1960s consumer culture, new career aspirations, and the everyday lived experience of women from a range of social backgrounds. By restoring this magazine to the global feminist archive, this article situates AWA: la revue de la femme noire as a long overlooked source for tracing the polemical debates concerning the (un)translatability of feminist thought between the global North and global South, post-independence nationalism, and representations of the female body in African and diasporic cultural production.

Cet article propose la première analyse approfondie d’AWA: la revue de la femme noire, un magazine fondé à Dakar en 1964 par un réseau de femmes africaines. Précédant la ‘première génération’ d’écrivaines africaines, cette revue a permis d’expérimenter différentes conceptions d’une féminité africaine, en investissant le modèle des magazines ‘glossy’ pour créer un espace de débat et de diffusion transnationale. Tout en se référant aux rôles pratiques et symboliques des femmes en Afrique de l’Ouest (et surtout au Sénégal) à la suite des Indépendances, AWA met en évidence l’importance de la lecture féminine et des métiers de l’écrit pour la production de la modernité africaine au début de la période ‘post-coloniale’. Ainsi, la revue mêle les images dominantes de la femme, issues du mouvement de la négritude, à une culture de consommation propre aux années 1960, à de nouvelles filières professionnelles, et à l’expérience vécue quotidienne de femmes issues de différents milieux sociaux. Cet article situe AWA: la revue de la femme noire comme une source longtemps négligée au sein des archives féministes mondiales. Elle nous permet de tracer les débats polémiques à propos du caractère (in)traduisible de la pensée féministe entre le Nord et le Sud, du nationalisme qui suit les Indépendances, et de la représentation du corps féminin dans les productions culturelles en Afrique et dans la diaspora (africaine).


Details

Author details

Bush, Ruth