Francosphères

Getting away from the noise

Jewish-Muslim interactions and narratives in E1/Barbès

Francosphères (2018), 7, (2), 173–196.

Abstract

This article offers a comparative lens on intercultural and interreligious encounter in urban contexts in France and the UK, focusing on the commonalities and specificities of different national and municipal contexts. It offers an account of three forms of encounter, based on extensive fieldwork in two neighbourhoods of Paris and London: commercial interdependencies embedded in early phases of immigration; voluntaristic ‘interfaith-from-above’ policies shaped by state agendas developed since the beginning of the twenty-first century; and still emerging ‘interculturalism-from-below’ generated by second- and third-generation children of immigrants, which is marked by nostalgia and selective reading of local heritage. In doing so, it bypasses the sharp disciplinary and methodological divides that separate research on Jewish histories and cultures, Muslim communities, immigrant quarters, and postcolonial/minority ethnic contexts. It aims instead to show how intercultural and interfaith encounters often occur in mundane spaces, and operate through and despite forms of ambivalence, and in this respect offer a context in which to displace the terms of spectacular accounts of racial and civilizational conflict.

Cet article propose une approche comparative à l’interaction interculturelle et inter-religieuse en France et en Grande-Bretagne. Il aborde trois formes de « rencontre » à partir de recherches de terrain menées dans deux quartiers à Paris et à Londres: des rapports d’interdépendances commerciales qui trouvent leurs origines dans la première phase des immigrations concernées; des politiques volontaristes (« d’en haut ») menées par les pouvoirs publics depuis le début du vingt-et-unième siècle; et un processus d’interculturalisme « d’en bas » propulsé par des enfants de la deuxième et troisième génération, qui se caractérise par un rapport nostalgique au vécu des parents et une lecture sélective du patrimoine locale. L’objectif de cet article est de contourner les divisions méthodologiques qui rendent étanches les études sur les communautés juives, musulmanes et plus généralement l’histoire de l’immigration. Il vise à montrer que le contact entre personnes de religion et de cultures différentes se passe très souvent dans des contextes quotidiens, se déroulant malgré des formes d’ambivalence, ce qui permet de dépasser les discours sur les « conflits » de civilisation.

Getting away from the noise

Jewish-Muslim interactions and narratives in E1/Barbès

Abstract

This article offers a comparative lens on intercultural and interreligious encounter in urban contexts in France and the UK, focusing on the commonalities and specificities of different national and municipal contexts. It offers an account of three forms of encounter, based on extensive fieldwork in two neighbourhoods of Paris and London: commercial interdependencies embedded in early phases of immigration; voluntaristic ‘interfaith-from-above’ policies shaped by state agendas developed since the beginning of the twenty-first century; and still emerging ‘interculturalism-from-below’ generated by second- and third-generation children of immigrants, which is marked by nostalgia and selective reading of local heritage. In doing so, it bypasses the sharp disciplinary and methodological divides that separate research on Jewish histories and cultures, Muslim communities, immigrant quarters, and postcolonial/minority ethnic contexts. It aims instead to show how intercultural and interfaith encounters often occur in mundane spaces, and operate through and despite forms of ambivalence, and in this respect offer a context in which to displace the terms of spectacular accounts of racial and civilizational conflict.

Cet article propose une approche comparative à l’interaction interculturelle et inter-religieuse en France et en Grande-Bretagne. Il aborde trois formes de « rencontre » à partir de recherches de terrain menées dans deux quartiers à Paris et à Londres: des rapports d’interdépendances commerciales qui trouvent leurs origines dans la première phase des immigrations concernées; des politiques volontaristes (« d’en haut ») menées par les pouvoirs publics depuis le début du vingt-et-unième siècle; et un processus d’interculturalisme « d’en bas » propulsé par des enfants de la deuxième et troisième génération, qui se caractérise par un rapport nostalgique au vécu des parents et une lecture sélective du patrimoine locale. L’objectif de cet article est de contourner les divisions méthodologiques qui rendent étanches les études sur les communautés juives, musulmanes et plus généralement l’histoire de l’immigration. Il vise à montrer que le contact entre personnes de religion et de cultures différentes se passe très souvent dans des contextes quotidiens, se déroulant malgré des formes d’ambivalence, ce qui permet de dépasser les discours sur les « conflits » de civilisation.


Details

Author details

Everett, Samuel Sami

Gidley, Ben