Francosphères

Francopolyphonies in translation

Francosphères (2016), 5, (2), 183–196.

Abstract

Taking as its starting point Amin Maalouf’s conception of identity in Les Identités meurtrières (1998), this article will study francophonie from a translational perspective. Translation will be analysed as a linguistic transfer but also as a contact zone that brings out the alterity present in francophone texts and reveals their intrinsic plurality. Thus, translation will also be envisaged as a constitutive part of francophonie, whereby a monolingual understanding of French will give way to ‘francopolyphonies’, that is an intricate, relational space in which translation not only helps to voice polyphony, but also functions as a ‘métier à métisser’, as René Depestre puts it. While some texts will be studied as acts of self-translation, questioning the potential pitfalls of (self-)exoticism and assimilation for the francophone writer/translator, others will be analysed through a process of ‘unhoming’ French language and culture. Thus situated at the crossroads of cultural and linguistic encounters, translation will offer a transnational and translinguistic reading of francophonie, which will potentially lead to ‘franco-reciprocities’.

La conception de l’identité présentée par Amin Maalouf dans Les Identités meurtrières (1998) servira de point de départ à cet article portant sur les écrivains francophones pensés en traduction. Pour ce faire, le geste traduisant sera tout d’abord envisagé comme un passage d’une langue à l’autre, un contact permettant de porter un regard extérieur, voire allophone, sur les textes d’écrivains francophones et d’en révéler les écritures protéiformes. Puis la traduction sera considérée comme décentrement et variation au sein d’une sphère linguistique commune, faisant émerger le multilinguisme présent au cœur de la francophonie. Dès lors non plus envisagée comme trame uniforme, la traduction, comme l’a dit René Depestre, servira de « métier à métisser » permettant de faire émerger une poétique de la francophonie pensée selon un complexe écheveau relationnel plurivocal: les « francopolyphonies ». Là où certaines voix seront envisagées dans l’acte auto-traduisant, d’autres seront analysées à partir du concept de « unhoming ». S’inscrivant ainsi dans le sillage d’une poétique située à la croisée des langues et dans un croisement identitaire et culturel, le geste traduisant proposera une lecture transnationale et translinguistique de la francophonie, permettant, à terme, d’atteindre un idéal de « franco-réciprocités ».

Francopolyphonies in translation

Abstract

Taking as its starting point Amin Maalouf’s conception of identity in Les Identités meurtrières (1998), this article will study francophonie from a translational perspective. Translation will be analysed as a linguistic transfer but also as a contact zone that brings out the alterity present in francophone texts and reveals their intrinsic plurality. Thus, translation will also be envisaged as a constitutive part of francophonie, whereby a monolingual understanding of French will give way to ‘francopolyphonies’, that is an intricate, relational space in which translation not only helps to voice polyphony, but also functions as a ‘métier à métisser’, as René Depestre puts it. While some texts will be studied as acts of self-translation, questioning the potential pitfalls of (self-)exoticism and assimilation for the francophone writer/translator, others will be analysed through a process of ‘unhoming’ French language and culture. Thus situated at the crossroads of cultural and linguistic encounters, translation will offer a transnational and translinguistic reading of francophonie, which will potentially lead to ‘franco-reciprocities’.

La conception de l’identité présentée par Amin Maalouf dans Les Identités meurtrières (1998) servira de point de départ à cet article portant sur les écrivains francophones pensés en traduction. Pour ce faire, le geste traduisant sera tout d’abord envisagé comme un passage d’une langue à l’autre, un contact permettant de porter un regard extérieur, voire allophone, sur les textes d’écrivains francophones et d’en révéler les écritures protéiformes. Puis la traduction sera considérée comme décentrement et variation au sein d’une sphère linguistique commune, faisant émerger le multilinguisme présent au cœur de la francophonie. Dès lors non plus envisagée comme trame uniforme, la traduction, comme l’a dit René Depestre, servira de « métier à métisser » permettant de faire émerger une poétique de la francophonie pensée selon un complexe écheveau relationnel plurivocal: les « francopolyphonies ». Là où certaines voix seront envisagées dans l’acte auto-traduisant, d’autres seront analysées à partir du concept de « unhoming ». S’inscrivant ainsi dans le sillage d’une poétique située à la croisée des langues et dans un croisement identitaire et culturel, le geste traduisant proposera une lecture transnationale et translinguistique de la francophonie, permettant, à terme, d’atteindre un idéal de « franco-réciprocités ».


Details

Author details

Saint-Loubert, Laëtitia