Quebec Studies

Ecrire Au Féminin: Interview Avec Denise Boucher, Madeleine Gagnon Et Louky Bersianik

Quebec Studies (1984), 2, (1), 125–142.

Abstract

ECRIRE AU FEMININ: INTERVIEW AVEC DENISE BOUCHER, MADELEINE GAGNON ET LOUKY BERSIANIK 1 Karen Gould QUESTION Le nombre de femmes qui écrivent et publient au Québec depuis plus de dix ans est surprenant, surtout quand on considère ce phénomène de l'étranger. Sentez-vous qu'il y a une véritable solidarité parmi cette génération d'écrivaines des années 70, malgré des positions politiques très diverses, ou est-ce que la solidarité est plutôt théorique que réelle? Denise Boucher Nous vivons dans une époque non altruiste. Après les tentatives de collectifs qui ont échoué et semé beaucoup d'amertume, chacune se rabat sur le salut personnel. J'ai vécu tout cela. Mais le désespoir amer n'est pas pour moi. Depuis longtemps, les mots espoir et foi et idéalisme n'avaient aucune prise sur moi. Ma tentative a toujours été de cerner au plus près le réel. Alors, la solidarité? Je marche dans des chemins étroits et rocailleux. Mes souliers sont percés. La poussière engouffre mes poumons. La solidarité suppose un chemin, une route droite et éclairée où l'on peut voir la main de l'autre. J'ai d'abord brisé tous les miroirs par crainte des mirages. Ma voix n'a aucun écho chez les femmes écrivaines d'ici. Seule, irrévocablement seule, dans le milieu de ma vie, je n'ai d'amitiés qu'avec une chanteuse pour qui j'écris, des peintres, des potières et des sculpteures. Pas d'écrivaines de mon pays autour de moi. Pas d'écrivaines de ma tribu auprès de moi. Mes succès ne viennent pas d'elle. C'est très bien ainsi. Madeleine Gagnon Parmi la génération d'écrivaines québécoises des années 1970, il y a assurément une très grande solidarité; celle-ci cepen-

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Gould, Karen