Quebec Studies

Book Reviews

Quebec Studies (1993), 17, (1), 201–212.

Abstract

Quebec Studies, No. 17, 1994 BOOK REVIEWS MELANCON, BENOIT, et PIERRE POPOVIC, eds. Les Facultis d e s lettres. Recherches re‘centes sur I’kpistolairefranpis et que‘be‘cois. Montreal: Centre universitaire pour la sociopoetique de I’epistolaire et des correspondances, Departement d’etudes franqaises, Universite de Montreal, 1993. Pp. 24 1. Les Facultis des lettres, titre gai e t approprie. temoigne de la vitalit6 actuelle des recherches quebkcoises sur le texte epistolaire en general, celui d’auteurs nationaux e n particulier. Emanant toutes des travaux de chercheurs professant au Canada, huit des onze etudes reunies concement des kcrivains (aucune femme), un critique et un peintre quebecois contemporains, ou du siecle demier; cinq d’entre elles revelent des textes inedits. Dans leur introduction, Benoit Melanqon et Pierre Popovic rendent compte des raisons de I’engouement actuel pour I’epistolaire. Elles sont conjoncturelles: e n une modernit6 minee par le soupqon sarrautien, “[llire la lettre donne . . . I’impression, et peut-Etre I’illusion, de rejoindre un espace retire de la feinte oh du sujet se donne dejh h lire, autrement (mais ni plus ni moins hentiquement) que dans les textes fig& par la publication” (5). Litteraires: destinees a I’origine aux regards prives, “les correspondances d’ecrivains paraissent former un circuit parallele, comme si elles jouaient une autre scene que celle de la mise au monde (editer) d’un texte . . .” (6). Enfin, des raisons theoriques: alors que la critique se voit obligee de renoncer h definir la *‘litterarite’’de maniere intrinseque au texte, I’kpistolaire se presente comme un des lieux privilkgies oh I’on puisse “saisir la dymmque du fait litteraire” (6). De meme qu’elle permet une heureuse variete, la publication des actes d’un colloque (tenu a I’Universite d e Montreal les 14 e t 15 mai 1992 dans le cadre du 60e Congres d e I’Association canadienne-franqaise pour I’avancement des sciences) au sein d’un meme volume prend le risque de creer des desequilibres, tant dans la sophistication theorique que dans la p o d e critique des contributions qu’elle reunit. Les Facultds des letnes n’aura pu contoumer I’ecueil. Deux essais de haute recherche academique (Pun sur “Diderot epistolier ” de Benoit Melanqon, I’autre sur “Les trait& d’art epistolaire au XlXe siecle . . .”) ouvren n peu abruptement le recueil. On trouve egalement h c6te de contributions denses, vives et recherchees, telles “L‘argent dans la lettre-vie d’Arthur Rimbaud” de Pierre Popovic ou “De la lettre au poeme. La correspondance Gaston Miron-Claude Haeffely” de Louise Dupre, des textes moins exaltants sur les difficult& eprouvees h editer la correspondance p r i d e d’auteurs que I’on desirerait “publics;” il e n est ainsi de “La correspondance d’Arthur Buies: problemes editoriaux” de Francis Parmentier, et de “Sur quelques lettres-fant6mes. Genese d’une edition critique de la correspondance d’Alain Grandbois” de Bernard Chasse. Par ailleurs, si certains textes mettent en relief le caractere poetique et esthetique de la lettre (les etudes de Joseph Bonenfant et de Gilles Lapointe sur la correspondance de Saint-Denys Gameau le font avec brio), d’autres s’attachent h I’evocation descriptive d’un contenu par trop editorial; je pense ?i “L‘asymetrie epistolaire chez Octave Cremazie et Henri-Raymond Casgrain” de Micheline Cambron, h “Du dit et du non-dit: lettres h un critique (Camille Roy)” de Jane Everett, e t ?i “Alfred DesRochers et la critique clericale de son temps . . .” de Richard Giguere. (Afin d’en retirer plus grand interet, il est bon de connaitre les oeuvres “publiques” des ecrivains concern& par ces etudes.) L’ensemble des communications reunies dans ce volume n’en met pas moins e n lumiere les questions fondamentales posees par I’epistolaire e t son exegese actuelle. Comment etablir le corpus d’un texte qui se dedouble au fur et h mesure qu’on le decouvre (les lettres repertoriees en appellent e n effet souvent d’autres qui restent trouver)? Comment concilier lecture critique et voyeurisme face h des h i t s qui n’etaient pas, h I’origine, destines au regard public? L‘epistolaire est-il (ou non) un genre litteraire au meme titre que le roman ou la poesie? Enfin, h beaucoup h i r e . h trop t6t publier, ne risquerions-nous pas, comme le note finement Louise D u p d dans sa contribution de clbture, de laisser “la plume [aller] plus vite que la reflexion sur I’Ccriture” (241)?

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