Quebec Studies

Book Reviews

Quebec Studies (1999), 27, (1), 118–138.

Abstract

118 Book Reviews Refus g/oöa//Borduas SMART, PATRICIA. Us femmes du REFUS GLOBAL. Montréal : Boréal, 1998. Pp. 334. Dans son dernier ouvrage, Patricia Smart entreprend d'éclairer sous un jour nouveau une étape essentielle dans l'accession du Québec à la modernité: la signature du manifeste Refus global. En choisissant de focaliser son étude sur le rôle des femmes dans cette aventure, elle leur rend justice à plus d'un titre, tant au plan qualitatif—elles représentent près de la moitié des signataires—qu'au plan qualitatif, en soulignant l'originalité de leur contribution: originalité par rapport au surréalisme, en raison de la part active jouée par ces femmes dans les créations du groupe; originalité assurée par l'étonnante pluridisciplinarité de leur parcours créateur; originalité encore due à la difficulté constante de concilier carrière artistique et vie privée, à une époque où c'était, sinon plus difficile à réaliser qu'à l'heure actuelle, du moins plus difficile à faire accepter, même par les proches (voir l'attitude de certains conjoints, ou encore l'ostracisme familial en cas de divorce). Le livre est structuré en trois parties: avant, pendant, après l'expérience automatiste. La première partie, la plus brève, tente de déceler les ferments de la révolte, à travers l'enfance et la jeunesse de ces femmes au parcours parfois très différent. Rien, en effet, ne permet de les confondre: ni le caractère, ni la classe sociale d'origine, ni la situation familiale, ni l'éducation—les stéréotypes attachés au Québec de l'époque sont, au passage, quelque peu bousculés, puisqu'elles proviennent majoritairement de familles monoparentales et qu'en outre, le père semble avoir joué un rôle de tout premier plan dans l'épanouissement de leur personnalité. Un trait paraît cependant rapprocher ces différentes familles: une même valorisation de l'art. La deuxième partie, centrée sur les années automatistes, balaie la période sous trois angles différents. Le premier en retrace quelques moments-clefs, susceptibles de nous faire appréhender un climat propice au changement: le passage à l'École des beaux-arts et l'ambivalence fondamentalement attachée à une telle institution—facteur à la fois de consécration et de reproduction des modèles anciens, mais aussi d'émancipation pour les femmes; la rencontre avec Borduas et la naissance du groupe automatiste; les années d'apprentissage et d'expérimentation, menant à l'émergence, en 1946, d'un véritable style automatiste; l'incompréhension du public qui n'hésite pas à diaboliser cette esthétique : sa pleine mesure sera donnée par l'échec de la pièce de Claude Gauvreau, Bien-être, dans laquelle Borduas voit le catalyseur de la rupture concrétisée par Refus global; la publication du manifeste enfin, qui marque la fin de la période automatiste et la dispersion du groupe. L'auteure reprend ensuite l'examen de la période en s'interrogeant sur le statut des femmes dans le groupe. Ce statut est incontestablement plus enviable que chez les surréalistes, dès lors qu'une visibilité et une égalité plus grandes leur y sont accordées—dans les limites autorisées par l'époque du moins, ce qui ne va pas sans quelques contradictions bien incarnées par Borduas lui-même: la différence de générations semble lui avoir fait intérioriser un certain conservatisme en la matière. Le choix de cette perspective se justifie pleinement, dans la mesure où il permet d'exhumer plusieurs productions négligées par l'histoire officielle, de mieux comprendre la relative désaffection des femmes automatistes nar raDDort à la peinture, tout en rendant justice à la pluridisciplinarité de leur

Access Token
£25.00
If you have private access to this content, please log in with your username and password here

Details