Quebec Studies

Book Reviews

Quebec Studies (2005), 39, (1), 124–133.

Abstract

124 Book Reviews LACHAPELLE, GUY. Claude Ryan et la Violence du pouvoir: Le Devoir et la Crise d'octobre 1970 ou le Combat de journalistes démocrates. Coll. Prisme. Québec: PU Laval, 2005. Pp. xxviii, 192. ISBN 2-7637-8213-2. Après le décès de Claude Ryan en 2004, le temps était venu, selon Guy Lachapelle, "de saluer l'un des plus grands journalistes que le Québec ait connu. Homme de convictions et de paroles, il aura été pour toute la classe politique québécoise et de nombreux citoyens, surtout durant toutes ses années à la direction du quotidien Le Devoir (1964-1978), celui qui a sans doute le mieux témoigné des angoisses profondes qu'a vécues la société québécoise depuis les débuts de la Révolution tranquille" (xxiii). Lachapelle se sert de ce constat comme point de départ dans sa réflexion sur l'impact que Ryan a eu sur le Québec et ses citoyens. Dans le cadre de son livre Claude Ryan et la Violence du pouvoir, Lachapelle s'intéresse spécifiquement aux décisions prises par Ryan et les autres membres de l'équipe rédactionnelle du Devoir lors de la Crise d'octobre 1970, lorsque le journal fut le seul à adopter une position critique face à l'invocation par le Premier ministre Pierre Elliott Trudeau de la Loi sur les mesures de guerre. Pour Lachapelle, il s'agit non seulement de comprendre pourquoi Le Devoir s'est opposé à l'invocation de cette loi mais aussi de tracer les formes de résistance auxquelles le journal a dû faire face en prenant une telle position. Dans le contexte de cette crise, où les gouvernements provincial et fédéral ont tous deux indiqué qu'ils interprétaient toute opposition à la Loi sur les mesures de guerre comme opposition à l'État lui-même, comment Le Devoir a-t-il pu articuler une position plus nuancée, position qui critiquait les gouvernements d'Ottawa et de Québec sans pour autant mettre en cause leur légitimité? Quel était le rôle des "journalistes démocrates" du Devoir, ceux que Lachapelle décrit comme étant "envahis par le sentiment d'être au-dessus de la mêlée, de jouir d'une certaine indépendance" leur permettant de critiquer l'État et de chercher "avant tout la cohésion de la formation sociale" (9)? Pour répondre à ces questions, Lachapelle adopte une approche à la fois quantitative et qualitative. Il commence par diviser la couverture de la crise en quatre périodes, du 5 au 16 octobre (c'est-à-dire de l'enlèvement du diplomate James Cross à la proclamation de la Loi sur les mesures du guerre), du 17 octobre au 2 novembre (jusqu'à la présentation de la Loi sur les pouvoirs d'urgence), du 3 novembre au 3 décembre (jusqu'à la libération de Cross), et du 4 au 29 décembre (jusqu'à l'arrestation des présumés assassins de Pierre Laporte) (19). Il fait une analyse statistique des éditoriaux et des blocs-notes de Ryan et des autres membres de l'équipe de rédaction (à savoir, Paul Sauriol, Jean-Claude Leclerc, Claude Lemelin, et Vincent Prince) pour chacune des quatre périodes afin de décrire, en premier lieu, la position idéologique du Devoir (chap. 2), ensuite, la manière dont Le Devoir s'est porté à la défense des libertés civiques, des droits de la personne,

Access Token
£25.00
If you have private access to this content, please log in with your username and password here

Details