Quebec Studies

Lettres anglo-provinciales

Quebec Studies (2007), 44, (1), 83–88.

Abstract

83 Lettres anglo-provinciales Jane Everett Université McGill Anglo-Québécoise de par ma naissance et de par mon ascendance, étu­ diante puis professeure de littérature franco-québécoise, jusqu'à tout ré­ cemment je n'ai jamais cherché — je n'ai jamais songé à chercher — dans la littérature québécoise d'expression anglaise, le récit ou l'examen de mon expérience personnelle, de mon histoire familiale, de celle de ma génération d'Anglo-Québécois ou encore de celles des communautés ethno-religieuses (anglaises et irlandaises, protestantes et catholiques) auxquelles apparte­ naient mes aïeux. Je connais mal la littérature anglo-canadienne et encore moins bien la littérature anglo-québécoise, à part quelques pièces et l'œuvre d'un ou deux poètes. Je regrette bien sûr cette ignorance, mais ne m'en culpabilise pas trop: on ne peut pas tout avoir lu. Ce que je déplore, par contre, c'est mon manque de curiosité, qui, aux yeux de l'universitaire formée en histoire littéraire que je suis, me paraît même quelque peu scandaleux.1 Cherchant une explication sinon une excuse à cette incuriosité, je me suis penchée sur mon passé, comme il se doit. Essentiellement, je cherchais à identifier les différents facteurs ayant conditionné, et qui conditionnent toujours, ma vision particulière du monde, ma façon d'appréhender ma/la réalité, et à dégager ceux d'entre eux qui sont peut-être communs aux Anglo-Québécois de ma génération, écrivains ou lecteurs. Mon rapport à la langue anglaise est, bien sûr, déterminant. Mon ADN, mes gènes me lient/relient à l'histoire et aux origines de la famille dont je suis issue, mais c'est la langue anglaise (je ne sais qu'est devenu le gaélique que parlaient sans doute quelques-uns de mes ancêtres), plus que toute autre chose, qui me lie/relie explicitement à mon histoire personnelle, familiale. Cette histoire familiale me lie/relie à l'histoire collective des immigrants anglais et irlandais, donc à la fois à des points de départ géo­ graphiques, ethniques, linguistiques, et religieux plus ou moins lointains — et à des destinations: et nous voilà de retour (ou arrivés) au Québec, plus précisément à la région de Montréal, pour ce qui est de ma famille mater­ n e l l e ^ aux Cantons de l'Est, pour ce qui concerne celle de mon père. Outre mon histoire familiale, je peux citer comme facteur déterminant ma formation première. Née au milieu du "baby-boom," je suis de la géné­ ration des Québécois ayant fait leurs études primaires et secondaires entre 1960 et 1975, et leurs études collégiales et universitaires dans les années 70 et 80. Lorsque j'ai commencé mes études primaires, le ministère de l'Édu­ cation n'existait pas, le Rapport Parent n'avait pas encore paru et les petits anglophones ne fréquentaient pas les écoles de langue française. J'ai donc fait mes études primaires et secondaires dans des écoles faisant partie du système scolaire protestant. Québec Studies, Volume 44, Winter 2007/Spring 2008

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Everett, Jane