Quebec Studies

Présentation: La chanson québécoise comme objet d'étude

Quebec Studies (2008), 45, (1), 3–6.

Abstract

3 Présentation: La chanson québécoise comme objet d'étude Johanne Melançon Université Laurentienne La chanson québécoise serait-elle un parent pauvre dans le domaine des études sur les pratiques culturelles? Il m'est arrivé de le penser. Pourtant, dans les universités québécoises et canadiennes, l'on se penche sur la chanson d'expression francophone au Canada — sur la chanson québécoise en particulier — depuis quelques années déjà. Le terrain est fertile, la chanson se porte bien, et cependant, il y a encore trop peu d'occasions pour les chercheurs de se réunir ou trop peu de lieux où ils peuvent publier des études sur la chanson. Pourtant, depuis la fin des années 1970, la chanson québécoise est l'objet d'études et d'analyses — et non seulement d'anthologies, de biographies, ou de profils de carrière. Si l'on a d'abord étudié la chanson québécoise en tentant d'en saisir l'évolution, d'en marquer les moments forts, ou d'en saisir les thématiques particulières, comme en font foi les premiers ouvrages généraux de Guy Millière, Pascal Normand, ou Bruno Roy, dès le début des années 1980, des universitaires ont entrepris des études plus pointues, en particulier Robert Giroux qui a dirigé plusieurs collectifs d'articles portant sur la chanson, ainsi que Roger Chamberland. Dans les années 1990, des chercheurs se sont penchés sur divers aspects de la chanson québécoise dans des monographies portant par exemple sur le nationalisme et la politique (Bruno Roy, Jacques Aube), le maniérisme vocal ou la chanson parodique (Jacques Julien), la chanson au féminin (Cécile TremblayMatte); un numéro de la revue Études littéraires a été consacré aux Poétiques de la chanson sous la direction de Roger Chamberland, un numéro de Présences francophones sous la direction de Robert Giroux a porté sur la chanson d'expression francophone, sans oublier quelques mémoires ou thèses de maîtrise et de doctorat. Des sociologues comme Line Grenier ou des musicologues comme Serge Laçasse ont aussi trouvé matière à réflexion dans la chanson québécoise. Plus récemment, le Centre de recherche en littérature québécoise (CRELIQ) a organisé des colloques internationaux portant sur la chanson francophone où les présentations sur la chanson québécoise occupaient une bonne place. D'ailleurs, indice d'un succès certain et du dynamisme de la recherche, en mars 2007, le troisième colloque du CRELIQ réunissait une vingtaine de chercheurs — littéraires, sociologues, et musicologues — autour de la chanson d'expression francophone et de la chanson québécoise en particulier. La chanson, phénomène pluridimensionnel, est le terrain de recherche par excellence pour la rencontre de chercheurs de plusieurs horizons. Car analyser la chanson, ce n'est pas seulement s'intéresser aux paroles comme on le ferait pour un poème, c'est aussi se pencher sur la mélodie, s'attarder aux diverses composantes sonores et musicales incluant l'inter- Québec Studies, Volume 45, Spring/Summer 2008

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Melançon, Johanne