Quebec Studies

Présentation du dossier "Just Watch Me": Les faces cachées de la crise d'octobre 1970

Quebec Studies (2013), 55, (1), 49–52.

Abstract

49 Présentation du dossier "Just Watch Me": Les faces cachées de la crise d'octobre 1970 Anne Trepanier Université Carleton "Quarante ans plus tard, la Crise d'octobre fait toujours partie de nos grands traumatismes collectifs et de ces sombres événements qui, pour beaucoup de nos compatriotes, demandent encore à être éclaircis," écrit dans Le Devoir du 30 septembre 2010 le journaliste Louis Fournier, celui qui avait lu le Manifeste du Front de Libération du Québec à l'antenne de CKAC le 7 octobre 1970 avant d'être arrêté sans mandat comme près de 500 autres Montréalais. En effet, au faîte des commémorations du quarantième anni­ versaire de la crise d'octobre 1970 et de l'imposition de la loi sur les mesures de guerre, les mémoires vives et les ombres silencieuses se côtoient encore dans les rues et les salons d'Ottawa, de Québec, et de Montréal. Précédée de manifestations populaires diverses, de slogans anticapi­ talistes, et de bombes anti-impérialistes, la crise d'octobre a officiellement commencé le 5 octobre 1970 par l'enlèvement de l'attaché commercial bri­ tannique James Richard Cross par la cellule Libération du Front de Libéra­ tion du Québec (FLQ). Quelques heures plus tard, le FLQ exigeait la lecture du Manifeste du FLQ sur les chaînes radio et télévision, la libération de pri­ sonniers politiques, et une voie de sortie vers Cuba ou l'Algérie. Rapide­ ment, une quinzaine de personnalités publiques québécoises, dont le chef du Parti québécois, René Lévesque, les dirigeants syndicaux, le directeur du Devoir, Claude Ryan, et le président du Mouvement Desjardins conda­ mnent les actes de violence tout en demandant au gouvernement de Robert Bourassa de négocier avec le FLQ. Devant le refus du gouvernement pro­ vincial de céder aux exigences du FLQ, la cellule Chénier kidnappe Pierre Laporte, le ministre québécois du travail, et le tient prisonnier dans un endroit secret avant de procéder à son "exécution." Invoquant l'imminence d'une insurrection armée quelques heures avant la fin tragique de Pierre Laporte, le premier ministre du Québec, le maire de Montréal, et le chef de la police de la ville de Montréal se réunissent en comité de crise afin de de­ mander à Pierre Elliot Trudeau, premier ministre du Canada, d'imposer la Loi des mesures de guerre. Le 16 octobre 1970, c'est "l'état de siège": {'habeas corpus est suspendu, l'armée canadienne prend le contrôle des rues de Mon­ tréal et procède à l'arrestation sans mandat de citoyens considérés suspects (comédiens, chanteurs, poètes, écrivains, journalistes, syndicalistes entre autres). L'armée assure la protection des édifices gouvernementaux par­ tout au pays. Quarante ans plus tard, alors que les commémorations sont au plus fort de leur présence médiatique, un colloque rassemblant des chercheurs canadiens de plusieurs disciplines est organisé à l'Université Carleton du 7 au 10 octobre 2010 afin de faire le point sur l'état de la recherche sur cet évé­ nement historique marquant pour les sociétés canadienne et québécoise. Québec Studies, Volume 55, Spring/Summer 2013

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Trépanier, Anne