British Journal of Canadian Studies

Une identité en creux. L’Incendie du Hilton de François Bon

British Journal of Canadian Studies (2021), 33, (2), 241–256.

Abstract

Dans L’Incendie du Hilton (2009), François Bon raconte comment un sinistre mineur a forcé l’évacuation, en pleine nuit, d’un hôtel où séjournaient plusieurs auteurs et éditeurs français qui participaient à l’édition 2008 du Salon du livre de Montréal. La ville n’est jamais nommée; par contre, elle se laisse aisément deviner par les lieux déserts où erre le romancier. Le portrait ainsi brossé s’avère paradoxal. D’une part, Bon insiste sur la banalité du décor: ceci est conséquent avec le projet de faire de son récit une réflexion sur l’envers de la ville moderne. De l’autre, il cumule les observations de faits singuliers au sein de cet univers pourtant d’abord présenté comme étant standardisé, impersonnel. Tout se passe comme si la spécificité de Montréal - et, par extension, du Québec - ne s’imposait pas d’emblée, mais qu’elle devait être peu à peu déduite, selon divers cas de figure, de catégories plus vastes.

In L’Incendie du Hilton (2009), François Bon recounts how a minor fire forced the evacuation, in the middle of the night, of a hotel where several French authors and publishers, who were attending the 2008 edition of the Salon du livre de Montréal, were staying. The city is never named, but it can be easily recognised from the deserted places where the novelist wanders. The resulting portrait proves to be paradoxical. On the one hand, Bon insists on the banality of the built environment: this is consistent with his aim to reflect on the reverse side of the modern city. On the other hand, he accumulates observations of singular facts within this setting, which was initially presented as standardised and impersonal. It is as if the specificity of Montreal - and, by extension, of Quebec - was not immediately obvious, but had to be gradually inferred, through various examples, from broader categories.

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Références

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David, Sylvain